Education de jeunes filles

L'éducation des jeunes filles au 17émes siécle

 

 

Au 17éme siécle l'éducation des jeunes filles sa fait au couvent.On leur y apprend des connaissances pratiques et religieuses .

Bien que la réalité fut toute autre, il convient de remarquer que ce genre de faits divers soit de temps en temps bel et bien arrivé au cours du XVIIème et XVIIIèmè siècle. Du point de vue ludique, les couvents étant des lieux clos et confinés, ils apparaissent comme des endroits isolés de l’extérieur et donc propice à des activités que l'on voudrait dissimuler aux yeux du reste du monde. D'autant plus que certaines personnalités de la cour (le roi en tête), du fait de leur rang ou bien du fait qu'elles font de larges dons à un couvent, ont a la possibilité de venir s'y retirer quand bon leur semblent. Ce genre de visites a d’ailleurs tendance à déranger l'organisation bien huilée des couvents. La présence de ce genre de personnage suffit à déclencher des intrigues, tant sentimentales que politiques.

Il est de plus possible et vivement conseillé d'utiliser les périodes troublées de l'histoire comme toile de fond à vos scénarii: les guerres ou les révolutions, en France mais aussi partout en Europe sont propices à l'enrichissement de vos parties.

Afin de vous permettre de simuler au mieux les aventures mouvementées de jeunes filles au couvent (Si ! Si ! Je dis bien mouvementées !), il convient tout d'abord d’effectuer une description de la vie dans ces honorables institutions au XVIIIème siècle. C'est à dire au temps des Philosophes des Lumières, des amours libertins, des voyages en carrosses et de la féerie de la cour de Versailles, qui fait tourner la tête aux jeunes filles et où l'étiquette et le "quand dira t'on" règnent en maître.

En premier lieu, il faut savoir que n'est pas admise au couvent qui veut. Plus un établissement est côté, et plus les critères de sélections sont élevés.A l'honneur,richesse et santée.

 La fourchette des tarifs pratiqués dans ces établissements varie plus ou moins de 100 à 1000 livres par ans et reflète la différence entre ceux qui accueillent les filles de Nobles riches et ceux qui reçoivent des filles de plus basses extractions. Il y a un grand fossé entre des couvents comme celui de Ste Anne dont les tarifs oscillent entre 250 et 450 livres et où les filles sont logées dans des dortoirs de 30 lits et ceux comme celui de l'Abbaye de Panthemont où les tarifs vont de 600 à 1000 livres et dont les pensionnaires possèdent leur propre chambre ainsi qu'une domesticité particulière. Dans les couvents où l'on accepte des filles riches et pauvres, on prend bien soin de ne pas les mélanger: leur emploi du temps est fait de manière à ce qu'elles ne puissent jamais se rencontrer afin ne pas susciter de jalousies et que chaque "type" de clientèle ait l'impression d'y être seule.

Les pensionnats aux effectifs nombreux sont ceux dans lesquels les uniformes sont le plus souvent imposés. . Ils ont toutefois en commun de devoir couvrir toutes les parties du corps. Les pensionnaires du couvent Notre Dame portent un costume bleu . A St Joseph, on porte des robes de couleur différentes de celles des soeurs, mais taillées de la même manière.

A Port Royal, les pensionnaires sont libres de se vêtir à leur convenance à condition que les habits portés soient simples et dépouillés de tout ornements. Il existait néanmoins un costume fait d'un fourreau de serge blanche à queue traînante, à manches courtes qui laissait le cou découvert. Un voile blanc était posé sur les cheveux. Les soeurs, elles, portent un habit blanc, mais au XVIIIème siècle, il est remplacé par l'habit noir, moins sayant, mais moins salissant. Dans la plupart des cas, les jeunes filles se devaient de prendre soin de leurs affaires: cet entretient faisait parti de l'enseignement dispensé, y compris pour les demoiselle de sang noble.

La coquetterie combattue: il était demandé aux pensionnaires de s'habiller et se déshabiller le plus vite possible afin d'éviter toute indécence ou incitation au narcissisme. En réalité, le froid qui reignait dans les dortoirs mal chauffés obligeaient les filles à se déshabiller très rapidement pour ne pas geler sur place.

Saint-Cyr ,crée en 1692 par Mme de Maintenon, fut un établissement qui était destiné à accueillir les filles de l'aristocratie pauvre. Chose interdite dans les maisons ordinaires. L'uniforme des pensionnaires était simple mais n'avait rien de religieux: un corset, une jupe et un tablier noir, le tout noué par des rubans: rouge pour les mons de 10 ans, vert pour les 11-14 ans, jaune jusqu'à 17 ans et bleu pour les plus grandes. Un bonnet rond laissant voir les cheveux.Elles  y apprenaient l'aisance et l'élégance des manières, l'art de la conversation et la correspondance. Mais à la suite de certains débordements, le règlement changea radicalement et devint très strict. 

la hiérarchie repose sur une structure familiale: tout en haut, il y a la mère supérieure:

-La Mère Supèrieure

-La Prieure

-Maîtresses des novices/pensionnaires

-La Portière

-La Tourière

-La Cellière

-La Dépositaire

-La Boursière

-La Soeur infirmière:

-La Chantre

-L'Ausculatrice

-L'Hospitalière:

Etc...

Les soeurs ayant les obédiences les plus importantes comme Prieure, maîtresses des novices,etc...sont appelées les "Discrètes". Elles se réunissent en chapitre à la demande de la supérieure pour la conseiller.

Malgré leurs ambitions intellectuelles, les religieuses n'avaient pas toujours des connaissances très étendues: elles recevaient une formation pratique et théorique durant sept ans mais qui n'était pas toujours adaptée au rôle d'enseignantes.

Les couvents appliquent certain principes avec une rigueur accrue.L’éducation religieuse prenait le pas sur l'éducation de toutes les autres matières.Contrairement aux garçons, le système réservé aux filles étaient archaïque et limité aux connaissances les plus élémentaires: tous les jours avait lieu pour les plus jeunes une leçon d'écriture et de lecture. On enseignait aussi l'orthographe et le calcul.A cela s'ajoute des leçons de politesse, de bonnes manières, de coutures, et de travaux ménagers. Certains couvents, les plus aristocratiques, possédaient des programmes étendus: Latin, Poésie, Histoire, Géographie. L'étude quotidienne du chant choral faisait souvent parti de l'emploi du temps. Les plus douées apprenaient à jouer d'un instrument, le plus souvent de l'orgue ou de la harpe. . L'importance accordée à l'acquisition des bonnes manières en dit long sur l'abandon dans lequel on laissait les filles, même dans les meilleures familles: il n'était pas rare que des jeunes filles de 16 ou 17 ans soient rappelées à l'ordre pour avoir parlé la bouche pleine ou avoir mit les coudes sur la table...Incroyable !

La discipline et les punitions qui accompagnent son non respect dépendent là aussi de l'établissement en question.Elles n'ont pas le droit de se toucher ni d'avoir aucune familiarité entre elles.

Le châtiment encouru variait suivant la faute:

-1ère coulpe: fautes légères: négligence ou maladresse: se tromper en chantant, arriver en retard au réfectoire, casser un objet, faire du bruit, etc...: punitions légères comme récitation de prières

-2ème coulpe: Distraction pendant les offices, commencer à manger sans dire le Bénédicité, s'absenter d'une activité ou d'une leçon sans raisons...Punition: prières, prosternations et coups de disciplines.

-3ème coulpe: Fautes graves: manque de discipline, envoyer et recevoir des lettres en secret...Punition: jeune au pain et à l'eau, coups de discipline plus nombreux et plus douloureux.

-4ème coulpe: fautes très graves: frapper quelqu'un, désobéir à un supérieur, blasphémer, atteindre à la chasteté, s'enfuir du couvent...Punition: manger par terre au réfectoire, demeurer prostré à la porte de la chapelle pendant les offices, rester enfermé dans la "cellule" du couvent (une petite pièce dont c'était l'usage) et bien entendu, nombreux coups de discipline.

Pour ce qui est des coups, on ne les utilisait réellement que lorsque les autres sanctions restaient sans effets. Ce châtiment n'était utilisé qu'avec modération. On l'administrait à huis clos pour les soeurs, ou devant la classe pour les pensionnaires. Si la victime était réticente, les coups redoublaient. Ensuite, elle devait demander pardon pour ses fautes. Les plus âgées ne subissaient que très rarement ce genre de punition, car on craignait une certaine accoutumance de leur part ( quoi que personnellement j'ai un doute: je veux bien croire qu'il existait des filles un peu masos, mais il y a des limites...).

Quoi qu'il en soit, la discipline avait pour but de former des jeunes filles qui soient le reflet de l'instruction et de la bonne éducation qu'elles recevaient: la réputation d'un établissement aurait patti du mauvais comportement de ses élèves.

Une bonne école ne laissait pas un instant ses écolières sans surveillance, surtout lorsqu'il y avait une "intrusion" extérieure: quand des gens venaient dans l'établissement, l'encadrement des élèves était plus strict que jamais.

En général, les couvents possédaient un corps de logis destiné aux pensionnaires entièrement séparés de celui des religieuses. On y trouvait les chambres (ou les dortoirs), les salles de classe et de musique, une bibliothèque, une infirmerie, un réfectoire, une cour et souvent un jardin ainsi qu'un potager.

Le confort dépendait de la richesse des pensionnaires:

Les établissements pauvres ou destinés aux élèves issues de la bourgeoisie ne possédaient que peu ou pas d'ornements sur les murs ou aux fenêtres. Au contraire, dans les couvents plus côtés, destiné aux demoiselles nobles, on pouvait trouver des dortoirs chauffés, sans oublier une domesticité attachée à chaque pensionnaire, ou du moins les plus fortunées.

Au sélect Calvaire, à Paris, il était d'usage de s'attacher les soins d'une femme de chambre (400 livres/an), avec appartement privés (200 livres/an).

-Chambre type pour un couvent de standing moyen : on y trouvait un lit (qualité variant de moyenne à médiocre), un prie dieu, une tablette pour poser quelques livres, une chaise de paille et une table. Les lits étaient faits de planches sur lesquelles on avait posé une paillasse recouverte de draps, et de deux couvertures en hiver. La décoration était soit inexistante, soit composée d'images saintes.

-Les réfectoires étaient de grandes salles avec de longues tables en bois et quelques buffets. Les murs y étaient nus ou habillés de boiseries, et le carrelage remplaçait la pierre dans les établissements les plus huppés.

-L'état de l'infirmerie dépendait là aussi de la richesse du couvent: cela variait d'un simple local obscur et mal équipé à des chambres individuelles chauffées et bien pourvues en médicaments (de l'époque...).

L'éducation de pensionnaires n'était pas toujours le seul revenu des couvents. Il n'était pas rare que ceux-ci louent des chambres à des femmes qui le dédiraient et qui avaient les moyens de se l'offrir. En général, ces femmes désiraient pour des raisons diverses (secrètes ?) de se retirer à l'écart du monde. En fait, la vie était difficile pour une jeune femme seule: cela permettait une certaine indépendance en mettant sa réputation à l'abris. Les orphelines, les célibataires, les veuves y trouvaient une liberté dont elles n'auraient pas pu profiter en restant sous la tutelle de leur famille. Les couvents vendaient aussi toute sorte de produits fabriqués sur place: napperons, confitures, médicaments, etc... Un potager permettait d'avoir des légumes frais, ce qui n’empêchait pas d'éventuels échanges avec la population de la région.

Les romans ont exagéré ce qu'il se passait réellement dans ces établissements: des soeurs ou des pensionnaires abandonnées y pleurant leurs amants volages, des supérieures perverses séduisant ou martyrisant d’innocentes jeunes filles, des jeunes gens hardis s'y introduisant à minuit pour enlever leur maîtresses,etc...

Rien n'empeche toutefois de s'inspirer de ce genre de légendes.

Trois points peuvent peuvent facilement venir à l'esprit pour servir de trames pour des scénarii, le mieux étant de parvenir à les concilier ensemble:

Il s'agit en premier lieu des petites histoires et intrigues amoureuses qui peuvent se nouer et donner lieu à des fugues, des enlèvements, des échanges de lettres. Une locataire, une soeur ou une pensionnaire peut cacher un lourd ou terrible secret, avoir des problèmes psychiques,etc...: classique !

Le second point à attrait aux intrigues politiques: comme nous l'avons déjà signalé, les couvents étaient parfois visité par des personnages de haut rang, soit parcequ'ils y avaient un pied à terre en tant que fondateur ou soutient financier de l'établissement, soit parcequ'ils faisaient parti de la famille royale.

Ces lieux à l'abris des curieux sont idéals à la préparation d'un complot ou de tout autre plan ou projet bizarre et machiavélique: imaginez des PJ se retrouvant par hasard ou par erreur en possession de documents confidentiels ou qu'ils entendent ou voient quelques chose dont ils n'auraient jamais dû être témoins ?

Le troisième point à attrait à l'histoire: des périodes très troublées comme les guerres ou la révolution de 1789 ne peuvent être que propices aux déclenchements d'aventures rocambolesques.

Les XVIIème et XVIII ème siècles sont hauts en couleurs et riches en événements historiques très divers.

La France n'est d'ailleurs pas le seul pays à pouvoir servir de cadre de jeu: la Prusse de Frederick II ou la Russie de Catherine la grande sont toutes aussi intéressantes et peuvent donner lieu à des scénarii qui donneront du fil à retordre à de tendres jeunes filles intrépides.

Fin

 

14 votes. Moyenne 2.93 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×